Happy Birthday to my Blog

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Assise au fond de la salle, je contemplais longuement cet être qui m'était pourtant si étranger. Je me questionnais durement, me demandant quelles pouvaient être ses peines ; et je me rendais alors compte que jamais je n'avais su lui parler véritablement, jamais nous n'avions été authentiques l'un envers l'autre. Et cela sans doute car nous n'avions rien à nous prouver. Je n'existais pas sincèrement pour lui, et rares étaient les fois où j'y pensais convenablement.

Ses cheveux si sombres m'avaient intrigué plus d'une fois, car j'aimais principalement la douceur, la candeur des blonds, mais il est vrai qu'il se faisait vraiment beau ce brun, avec le temps. Le temps qui d'ailleurs passait à une allure fulgurante, créant chaque fois un vide un peu plus grand entre nous. Bientôt nos chemins allaient se séparer, et ce froid demeurait en moi, cette éternelle sensation d'insatisfaction, de n'être jamais assouvie.

Je connaissais une sorte de culpabilité, de temps perdu à me focaliser sur des futilités, la superficialité de l'amour que je manoeuvrais si mal, cherchant chaque fois à assouvir un fantasme immoral, papillonnant vers un autre qui me semblait mystérieux, emprunt de gratitude et de respect pour son corps. Je savais que ce profil cachait souvent un vrai salaud, et je m'y complaisais ; plutôt que de m'attarder sur la pureté de quelqu'un que je côtoyais si mal.

Certes il possédait une fierté anormalement démesurée, et cela me sortait par les yeux ; je détestais tellement les barrières que la fierté pouvait installer. Je les connaissais si bien. Je haïssais en lui tout ce qui me reflétait. Et cette sensation de froid et de néant qui nous reliait.

Pix : Jeffree Star (merci à Mia)

# Posté le samedi 31 mai 2008 03:30

Modifié le vendredi 06 mars 2009 07:39

Il disait que c'était dommage que l'on ne voit pas mon visage..

Il disait que c'était dommage que l'on ne voit pas mon visage..
Que me restera t-il, lorsqu'ils seront lassés de ces déchéances ? A trop vouloir profiter, on devient souvent jouet. On flirte, on oublie, et chaque fois on ne sait comment connaître le regret, c'est ainsi, nous sommes capable de regarder l'être tant aimé dans les yeux, et puis, parler sur le même ton, quelques fois même se nourrir du silence, repensant aux nuits qui ne durent que deux heures. Traîtres soirs, où seule la faim démesurée pour un être, nous pousse à devenir si obscène et fourbe.

Que me restera t-il, lorsqu'ils me crieront de partir ? Devenue alors folle de liberté, je me sentirai prisonnière. Je n'aurais plus que ces quelques péchés de jeunesse, et une nostalgie amère, quand je repenserai à eux, tout en sachant qu'ils m'ont jeté. A trop vouloir se donner, on termine souvent un matin, parmi les tas d'invendus.

Que deviendrons-nous, quelque part à six pieds sous terre, quand je reste à genoux, vicieuse comme tes prières ? Et mes délires embrasés t'éc½urent sans fin, quand tu t'égares à moitié, seul sur mon chemin. J'ai répandu l'amour à l'heure où vous étiez indifférents, partout dans la cour de vos masculins troublants. Mais vous restiez impassibles, hermétiques à tant d'avances, à mettre sa vie en pratique on en oublie parfois l'absence.


# Posté le vendredi 09 mai 2008 04:03

Modifié le lundi 27 octobre 2008 16:40

Never speak a word again. I'll crawl away for good.

Never speak a word again. I'll crawl away for good.

Je souris. Il s'installa à mes côtés et mon c½ur se mit à battre violemment, sourdement, parce que, dans son mouvement, sa main avait effleuré mon épaule. Souvent pendant les dernières semaines, nous avions été enlacés l'un à l'autre sans que j'en ressente le moindre trouble. Mais aujourd'hui, il suffisait de cette froidure, de cette somnolence, de ce geste maladroit, pour que quelque chose en moi doucement se déchire.

Je tournai la tête vers lui. Je commençais à le connaître : il était équilibré, réfléchi plus que de coutume peut être à son âge. Il eût aimé que j'en sois tourmentée. Mais je ne l'étais pas et la seule chose qui me tourmentât en cet instant, c'était son regard et les coups de butoir de mon c½ur. Il se pencha vers moi. Je revis les derniers jours de cette semaine, ma confiance, ma quiétude auprès de lui, et je regrettai l'approche de sa bouche.

« Non, j'étais si heureuse..., pensais-je »

Il m'étreignit doucement. Je considérai le ciel; puis je ne vis plus que des lumières rouges éclatant sous mes paupières serrées. La chaleur, le goût des derniers baisers un an auparavant, les soupirs mouraient en longues minutes.

Je partis et dévalas l'escalier dans une grande confusion de pensées. Pourquoi ce visage, cette voix troublée, cette défaillance ? Je m'assis, je fermai les yeux. Je cherchai à me rappeler tous ses visages doux, rassurants : l'ironie, l'aisance, la désinvolture. La découverte de ce visage vulnérable m'émouvait et m'irritait à la fois. Etait-il possible qu'il m'aimât ? Rien en moi ne correspondait à ses goûts. Il était attirant, léger. J'étais éteinte, insatisfaite.

« Au moins, tu n'es pas rancunière »

Je ne pouvais l'être, car il n'était pas malveillant ni provocateur. Je le sentais trop complètement indifférent, ses jugements n'avaient pas cette précision, ce côté aigu de la méchanceté. Ils n'en étaient que plus accablants.

Je me rends compte que je néglige, que je suis forcée d'oublier le principal. Je ne puis rappeler non plus la cour ; et son sourire sur le trottoir d'en face, deux ans plus tôt à ma sortie du collège. Et chez moi, mon explosion de joie, subite, triomphante, parce que j'aimais ses yeux, sa bouche, qu'il allait être pour moi le plus cher, le plus merveilleux. Je ne connaissais alors rien. Je crois bien que la plupart de mes plaisirs d'alors, je les dus à sa présence : le plaisir d'embrasser, de caresser. Je n'ai pas déshonneur encore de ces plaisirs faciles, je ne puis d'ailleurs les appeler faciles que parce que j'ai entendu dire qu'ils l'étaient. Je regretterais, je renierais plus facilement mes chagrins ou mes crises étranges. Le goût du plaisir, du ravissement représente le seul côté cohérent de mon caractère.

Il m'avait rattrapée par le bras et me retenait en riant. Je me retournais vers lui et je le contemplai ; il devint pâle comme je devais l'être moi-même et lâcha ma main. Mais ce fut pour me reprendre aussitôt dans ses bras et m'entraîner. Je pensai confusément.

J'avais toujours entendu parler de l'amour comme d'une chose évidente, facile; j'en avais parlé moi-même crûment, avec l'inaptitude de mon âge, et il me semblait que jamais plus je ne pourrais en parler ainsi, de cette manière insouciante et brutale.

Je craignais que l'on ne pût lire sur mon visage les signatures étincelantes de l'envie. Il ne me posait pas de questions, il n'en posait jamais. Je m'assis donc près de lui dans le silence. Je restais figée, les yeux mi-clos, attentive au rythme de mon souffle, au tremblement de mes doigts. De temps en temps, le souvenir de certains instants me vidait le c½ur.

Je pris une cigarette, frottai une allumette sur la boîte. Elle s'éteignit. J'en allumais une seconde avec précaution car il n'y avait pas de vent et seule, ma main tremblait. Elle s'éteignit aussitôt. Et alors, je ne sais pas pourquoi, cette allumette avait prit pour moi une importance vitale. Peut être parce que subitement arraché à son indifférence, il me regardait sans sourire, avec attention. Je laissai tomber la boîte par terre, fermai les yeux. Son regard dur, interrogateur, pesait sur moi. Ses mains relevèrent mon visage, je serrais les paupières de peur qu'il ne vît mon regard. Je sentais les larmes d'épuisement, de maladresse et de plaisir s'enfuirent. Alors, comme s'il renonçait à toute question, en un geste d'ignorance, d'apaisement, il descendit ses mains sur mon visage, me relâcha. Puis il mit une cigarette allumée entre mes lèvres et se replongea dans son indifférence.

J'ai donné un sens symbolique à ce geste, j'ai tenté de lui en donner un. Mais aujourd'hui, quand je manque une allumette, je retrouve cet instant particulier, ce fossé entre mes gestes et moi, le poids de son regard et ce vide autour, cette intensité du néant...

Les jours passèrent. J'oubliais le monde alentour. Je crains, à force de chercher, de m'effondrer dans des souvenirs qui m'accablent moi-même. Il me suffit de penser à son absence, à ces jours passés à ne faire que réfléchir, et quelque chose me frappe, d'un exécrable coup bas. Peu à peu je pense à autre chose. Mais je n'aime pas cela, de devoir recourir aux déficiences de ma mémoire, au lieu de les combattre. Je n'aime pas les avouer, même pour m'en féliciter.

Je le regardai rudement, avec ténacité. Il était vrai qu'il aimait sa vie. Je ne supportai plus entendre parler de ses soirées, de ses moments passés loin de moi. J'étais persuadée qu'il s'amusait bien. Bien trop. Il m'abandonnait, me désarmait lui-même, avec son bonheur. Je le regardai encore, et je pensai : « Tu ne m'aimes plus comme avant, tu me trahis », et j'essayai de lui faire comprendre sans parler ; j'étais en plein drame. Il me regarda aussi, bien loin d'être alarmé, ne comprenant pas que ce n'était pas un jeu et que notre entente était en danger.

J'aurais voulu être caressée, consolée, raccommodée avec moi-même. J'essayai de m'attendrir ; en vain. C'était déjà sur lui que je m'attendrissais, comme si j'avais été sûre de le vaincre.

Le sang se retirait de mon visage, attiré de très loin par ce désir de possession pire que la douleur. A partir de ce jour, on m'aura qualifié d'insensée. C'était déjà le cas et pourtant, cela avait dû s'amplifier. Les mots sont faciles, liants ; et quand je voyais le contour de son visage incliné sur le mien, j'aurais donné n'importe quoi pour que cela ne fût pas. Cette image me dévastait le c½ur. J'oubliais que c'était moi-même qui l'avais voulu.

Je regardais la pluie au-dessus de moi. Et soudain ce chuchotement impérieux et tendre ... La pluie éclatait, tombait à travers moi. Où étais-je ? Au fond de cette histoire, au fond du plaisir... J'avais le rire et l'amour, les retrouverions-nous jamais comme cet hiver-là, avec cet éclat, cette intensité que leur donnaient la peur et les autres douceurs ? ...

C'est drôle comme la fatalité se plaît à choisir pour la représenter des yeux indignes ou médiocres. Ce mois d'octobre-là, elle avait pris les siens. Des yeux attirants.

Je compris brusquement. J'eus l'impression subite, indécente, que je n'étais plus moi-même. Je restai sidérée. Il ne me regardait pas. Ne m'avait jamais écouté. Je me redressai alors, décomposée. Je compris brusquement qu'ils s'étaient tous attaqué à un être vivant et non pas à une entité. J'avais quinze ans, j'étais seule, j'aimais quelqu'un et j'avais espéré être heureuse avec lui. Et ce visage, c'était son ½uvre.

« Ils n'ont besoin de personne. »

Les larmes roulaient inlassablement sur mon visage. Du reste de ces nuits, je me souviens comme un cauchemar. Je ne pensais à rien. Je l'avais trouvé bien attirant ; j'avais aimé le plaisir qu'il me donnait ; mais je n'avais pas besoin de lui, autant qu'il n'avait pas besoin de moi. J'allais partir, quitter le collège, ces gens, cet hiver.

Un an plus tard, un nouvel hiver touche à sa fin. Nous revivrons peut être la même histoire, ou peut être quelque chose de mieux à présent. Seulement, quand je suis dans mon lit, à l'aube, avec le seul bruit des voitures dans la ville, ma mémoire parfois me trahit : l'hiver revient et tous ses souvenirs. Je répète son nom très bas dans le noir. Jusqu'à ce que j'accueille en moi l'espoir, les yeux fermés.

Musique : You Know You're Right - Nirvana



# Posté le samedi 08 mars 2008 11:53

Modifié le lundi 27 octobre 2008 17:55

& je retourne vers l'innocence.

« Aucune tentation ne vous est survenue qui n'ait été humaine, et Dieu, qui est fidèle,
ne permettra pas que vous soyez tentés au delà de vos forces ; mais avec la tentation.
Il préparera aussi le moyen d'en sortir, afin que vous puissiez la supporter. »


I Corinthiens 10:13


Pix : "La tentation de Saint Antoine" - Salvador Dali
Musique : Gravity Of Love - Enigma


Solitairement. Tardivement. Absurdement. Nerveusement.
Avouez que vous en avez marre, de mes demis mots ...


 &  je retourne vers l'innocence.

# Posté le samedi 26 janvier 2008 12:41

Modifié le lundi 27 octobre 2008 17:45

L'âge peut -il donner le droit de gouverner la raison ? Vauvenargues

L'âge peut -il donner le droit de gouverner la raison ?    Vauvenargues


HAPPY BIRTHDAY TO ME
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# Posté le mercredi 02 janvier 2008 04:32

Modifié le dimanche 06 janvier 2008 00:49